Crée ton jeu vidéo : des ateliers avec les enfants!

© Sébastien Bauer pour la photo de l’équipe BlendKids

BlendKids #2 : 2 journées à BlendWebMix (2 et 3 novembre 2016)

Commençons d’abord par revenir sur cet évènement particulier où les enfants débarquent dans un salon où ils ne sont pas du tout attendu : Blend Web Mix, un salon avec des professionnels du web, des startupers en tous genre, et des expert du digital.
Cette année, nouveau plan d’attaque : on change le format de BlendKids (2 jours au lieu d’un), le public (enfants de 8-12 ans le premier jour, collégiens le deuxième), et la thématique (jeu vidéo le premier jour, et apprentissage du code -1000 mercis à Amélie- le deuxième).

On a donc respecté l’esprit « Blend » : le mercredi, les enfants sont mêlés aux étudiants de la game jam, qui doivent concevoir,en 24h, un jeu vidéo mobile sur le thème « Des Monstres à Lyon ». Les étudiants doivent donc pitcher leur concept devant les enfants, qui peuvent poser des questions, demander des éclaircissements sur un point précis… Puis les enfants sont chargés de créer des assets graphiques qui seront intégrés par les étudiants dans le jeu vidéo.

Autant dire qu’une fois encore, on assiste à des scènes plutôt sympa : lorsque les enfants découvrent leur perso modélisé en 3D (« Bah c’est mon perso, ça ! ») ou lorsqu’ils viennent demander des modifications aux étudiants afin que leur idée soit respectée (« non mais moi je le voyais avec des cheveux plus longs, mon personnage, tu vois ») et que les étudiants obtempèrent sans sourciller…

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Ça va, tu gères ?

Le lendemain, nous avons laissé Amélie travailler avec une classe de collégiens pour leur permettre de créer leur première page web !

L’atelier de conception de jeu vidéo

Le format : travailler à partir de contraintes

Cet atelier, nous l’avons imaginé en début d’année pour Super Demain, le rendez-vous de la culture numérique à destination des scolaires et des familles.
L’objectif : se plonger dans la peau d’une petite équipe de création de jeu vidéo et concevoir en 30 minutes un jeu vidéo.

Après quelques variantes nous avons finalisé une version qui nous parait pas mal. Nous avons ainsi 6 familles de 6 cartes-contraintes. A chaque session, le groupe doit choisir une carte parmi ces 6 familles.

  • La cible (enfant, casual gamer, famille…)
  • La plate-forme (mobile, console, PC, …)
  • Le style graphique (pixel art, voxel, 3D réaliste…)
  • Le style de jeu (plate-forme, survival horror, RPG…)
  • Le modèle économique (In app purchase, publicité, abonnement…)
  • Une contrainte bonus (deux joueurs sur le même écran, jeu éducatif, …)

Et tout serait assez facile s’il n’y avait pas les dés de l’éditeur : une carte est tirée au sort aléatoirement. Bien évidemment, ce choix a des implications sur les choix que l’on peut faire. Si par exemple la carte tirée au sol est « survol horror » difficile de faire un jeu pour un public enfant par exemple.

Des concepts par millier

Ainsi, au cours de différents évènements tels que Super Demain, Arnas 2.0 (une charmante petite commune du Beaujolais 🙂 ) ou l’évènement Mini Demain au Chambon-Feugerolles (42), nous avons rencontré parents, enfants et grands-parents et créé avec eux de nombreux concepts tels que Clash of Princess, Teacher Busters, Pandalpiniste, Zombie Ville, Sim Coop Bio, etc…

arnas2.0
Et si les skaters devaient tuer des zombies ?

L’atelier a permis à de nombreux parents de poser des questions sur le jeu vidéo que ce soit sur le modèle économique (« Je n’aime pas la publicité dans les jeux vidéo », « Pourquoi les jeux sont-ils payants ? »), le gameplay ou le style graphique.

  • Darkman1
    Darkman1
  • SimCoopBio
    SimCoopBio

Une expérience enrichissante

Paper, Please!

Vous l’avez probablement remarqué : nous n’avons pas d’écrans sur nos atelier. Tout se passe sur papier : on manipule des cartes, on se creuse les méninges, on parle, et on dessine et écrit nos idées sur des grandes feuilles !
Le plus amusant, c’est que nous nous trouvions, dans tous les évènements auxquels nous avons participé, au milieu de stands avec des consoles ou des tournois de Minecraft, et notre atelier était quand même rempli la plupart du temps !

Bien que nous soyons persuadé de l’apport du jeu vidéo dans l’apprentissage, nous savons qu’il existe une infinité de situations où l’écran n’est pas utile, voire contre-productif. Ici, l’objectif est de mener un travail de brainstorming créatif, et d’en faire émerger des questionnements auxquels nous tentons ensuite de répondre. Et ça fonctionne !

Créativité pour tous

Nous nous sommes efforcé, pendant ces ateliers, de nous contenter d’animer les discussions et les échanges, de pousser les timides à proposer, et de catalyser, regrouper et synthétiser les idées pour aider les enfants et les parents à formaliser ensuite un concept. Et il en est souvent ressorti des concept qui, au moins à l’étape du pitch, nous semblaient tout à fait intéressante à produire !

Cela est probablement dû au fait qu’en mélangeant des personnes d’horizons, d’âge et de culture différente autour d’une même table et en les faisant cogiter sur un projet commun il ressort parfois d’étonnantes combinaisons ; la magie opère !
C’est probablement un bon enseignement pour nos séances de design participative où nous travaillons en général avec les enfants. Il serait par exemple bienvenu d’intégrer les parents à ces séances pour voir…

Les enfants en savent plus qu’on ne le croit

Même en sachant cela, on est encore surpris par cet enfant qui vous explique l’origine des zombies, ou comment il s’arrange pour ne pas regarder de publicités.
Les enfants sont d’ailleurs assez mature face aux modèles économiques qu’ils ont intégré dans leurs usages ou même face au contenu. Certains doivent probablement auto filtrer certains contenu violent. C’est toujours étonnant de discuter avec un enfant de 8 ans qui joue à GTA5 (« mais… c’est interdit aux moins de 18 ans! – ah, oui mais bon c’est pas grave ») mais qui finalement l’aborde comme un enfant de sont âge et s’attarde surtout sur le côté « bac à sable » qu’offre le jeu, sans trop trainer du côté des club de strip tease…
En réalité une grosse partie de nos efforts pédagogiques étaient destinés aux parents !

Nous avons aussi constaté que beaucoup d’enfants avaient des idées très précises sur la manière de designer l’UI d’un jeu, ou ses mécaniques principales. Certes, c’est parfois un peu conventionnel, mais cela montre qu’avec l’expérience ils développent rapidement des attentes précises.

C’est pourquoi, en tant que développeur de jeu à destination des enfants, nous nous devons de rester le plus proche possible d’eux, de les observer quand ils jouent, et d’échanger le plus possibles avec eux, avant, pendant et après le développement de nos jeux !